Critique : Assassin’s Creed Unity

Critique : Assassin’s Creed Unity

J’avais un peu peur, je l’avoue. Vous pouvez cracher sur cette saga autant que vous le voulez (A croire que c’est devenu à la mode, maintenant), je continuerai à manifester un certain lien affectif avec cette série. J’avais beaucoup aimé le premier, beaucoup moins la trilogie avec Ezio sauf Revelations, adoré le troisième ne serait-ce que pour Haytham, apprécié le quatrième et bien kiffé Rogue. Tout ça pour vous avouer que j’entretiens des relations assez bonnes avec la série Assassin’s Creed même si je dois reconnaître qu’elle s’est un peu perdue avec le temps (et surtout depuis l’exagération de sa commercialisation et les divers supports de narration) en mode Scorsese ou Tarantino (Lui était mort-né mais c’est bien ce que disent certains ragix à propos d’AC, non ?). Je vais donc, sûrement, surestimer cet opus compte tenu de la nostalgie et de l’attachement naturel que je voue aux jeux de grimpette et donc de cette licence. Je ne reviendrai pas sur l’origine de la saga pour expliquer pourquoi le dernier opus est comme-ci, comme ça, ce serait absolument débile. On sait tous que c’était censé être une suite à Prince of Persia mais que de fil en anguille, inspiré de tel ou tel roman, Ubisoft s’est tourné vers le contexte des Croisades et j’en passe. Bref.

J’appréciais tout de même Assassin’s Creed pour sa recherche historique et ses efforts pour resituer le contexte le plus proprement possible. Que ce soit la Renaissance Italienne de mes deux ou la grandiose Révolution Américaine, c’était, je trouve, assez fourni en détails et le mariage fiction/réalité était plutôt efficace. Les personnages fictifs se promenaient en compagnie de caractères inventés de toutes pièces et, malgré quelques faux raccords par-ci par-là (Qui n’en fait pas à part Alexandre Astier ?), c’était bien cool encore une fois. Et c’est là que je me suis pris ma première claque (Dans le très mauvaise sens du terme). Pour ma part, je refuse de fêter le souvenir d’une révolution qui n’a jamais éliminé la misère et l’exploitation mais je dois reconnaître qu’il s’agit d’un événement intéressant et qui avait sa place dans l’univers des Assassins. Je me faisais déjà une joie de tailler le bout de gras avec les Lumières par exemple. Taper la discut’ avec Rousseau ou pouvoir dire à Voltaire à quel point c’était un petit prétentieux et que sa saloperie de Candide est trop surestimé. Assister au ” procès ” de Louis XVI voire au serment du Jeu de Paume. Et toutes ces conneries qui font qu’on est impliqué dans l’histoire, dans l’Histoire et donc dans le jeu. De la Révolution Française, il n’y a rien dans Unity. On peut croiser Bonaparte qui est à mille lieux du personnage que l’on connait mais qui a au moins le mérite d’être présent et… de disparaître assez soudainement sans raison. On admire des tonnes de foule dehors le poing levé mais on ne sait jamais exactement ce qu’il se passe… On n’assiste à aucun soulèvement sauf la prise de la Bastille sauf qu’on est enfermé dedans et qu’on doit surtout courir vite parce qu’on a le feu au froc. Notre personnage est totalement transparent vis à vis de son époque. Il ne participe pas. Quand c’était Ezio, c’était compréhensible car la Renaissance était une révolution artistique. Quand c’était Altair, c’était compréhensible aussi car c’était l’époque où les Templiers n’étaient pas encore des gros méchants qui font caca en secret. Mais quand c’était Connor… bah fallait qu’il se bouge le derche dans le combat de la nation. Ce qu’il a fait. Edward aussi l’a fait parmi ses potes pirates. Shay également pendant les premières colonies américaines. En revanche, Arno (Un prénom québécois pour un personnage français…) ne sert à rien. On n’arrive pas à savoir à quel moment de la révolte on est même en suivant les dates qui restent deux secondes à l’écran en début de chapitre. Quand vient l’exécution du Roi (Jamais vu une exécution royale aussi rapidement occultée), on est un peu pris de court car c’est la première fois qu’on nous cause de ce bon vieux Louis Number Saize. Tout s’enchaîne finalement assez mal et les diverses étapes de la Révolution Française sont totalement ratées. Passez votre chemin si vous voulez utiliser ce jeu pour vous rafraîchir la mémoire sur cette époque en vue d’un exposé ou examen, c’est fichu.

Critique Assassin's Creed Unity
Critique Assassin’s Creed Unity par @Djokaire

Puisqu’on parle de la transparence d’Arno dans son époque, parlons de lui tout court. On ne sait strictement rien de lui. On sait que son père est un assassin. Qu’il a été adopté par le big boss des Templiers et qu’il va devenir un assassin. Pourquoi les Templiers ne le prennent pas sous leurs ailes avant puisqu’il a 19 ans au début du jeu et qu’il vit toujours chez leur chef ? Mystère. Quelle relation entretient-il avec Elise ? Pourquoi rejoint-il les Assassins alors qu’il grandit parmi leurs ennemis ? En plus de cela, Arno est loin d’être énervant. Il aurait pu être l’un des personnages les plus agréables seulement il est très mal exploité. On ne connait strictement rien de lui alors qu’il est plutôt du style extraverti du genre d’Edward ou Ezio (Vous comprenez que ce n’est pas surnaturel qu’on ne sache pas le dessert préféré d’Altair ou Haytham par exemple). Le personnage aurait largement gagné à être plus écrit mais surtout mieux écrit. On n’apprendra rien de plus de lui dès l’instant où on le contrôlera. La partie du jeu où il devient alcoolique et tente de fuir la Confrérie en se réfugiant dans sa vaste villa est sûrement le moment le plus intéressant d’Unity mais il est vite gâché par une présence trop courte et surtout par une fin extrêmement facile. Elise se ramène, lui dit qu’il se laisse aller et qu’on a encore besoin de sa pomme alors Arno dit ok. Au hasard, qu’il insulte cette gonzesse du camp adverse aurait été beaucoup plus pertinent, il était saoul au 36ème degré ! Il l’insulte, il lui claque la porte et s’enferme encore plus dans la solitude. Là, ça aurait été cool sans être Leaving Las Vegas. On aurait pu, par cette intermédiaire, on savoir plus sur Arno et sur ses réelles convictions (ça, par contre, on sait qu’il veut se venger mais encore ?), ses peurs, des angoisses, ses désirs, son amour pour Elise. Ce point aussi aurait dû être éclairci et travaillé. Pour une fois qu’une intrigue amoureuse est intéressante. Lui est Assassin et elle Templier (Bon, ça sonne comme un concept de télé-réalité ok) mais ils s’aiment parce qu’ils ont toujours vécu l’un près de l’autre. Alors ? Doivent-ils être ennemis ? S’allier ? Les deux ? Essayer de se tuer mais en être torturés parce qu’ils sont justement très proches ? Et toc, une raison pour que Arno picole (Oui, parce qu’on ne sait pas trop pourquoi il se jette sur le vin finalement). On aurait pu vraiment bien utiliser ces divers éléments. Malheureusement non. Ne parlons même pas des phases dans le présent. L’idée que l’Animus devienne un divertissement grand public est une excellente idée mais totalement sous exploitée et occultée dès la première phase de jeu. C’est un des soucis du jeu : on prend de très bonnes idées mais on s’en rend pas compte alors on les exploite pas assez. Heureusement, y’a le livre Unity (Comme à chaque sortie d’un nouvelle opus) qui est très bien écrit et très intéressant comme chaque roman AC et personnellement, je dirais comme chaque roman de l’auteur. Pour le coup, Ubisoft a choisi un auteur de talent pour ses romans donc ces derniers sont pas si mal et permettent d’en savoir plus sur l’héritage laissé par Haytham Kenway et sur le sort de sa soeur Jenny. Que si Elise tente de manœuvrer une paix avec les Assassins, c’est parce qu’elle a lu le journal et les lettres de Haytham et j’en passe. Des choses qui ne devraient pas être observable dans un bouquin qu’on va qualifier de support additionnel mais bien présents dans le jeu d’origine ! Merci Oliver Bowden alias Anton Gill d’avoir écrit un roman bien foutu pour qu’on en sache plus sur les personnages et les époques mais Ubisoft aurait dû le faire eux-mêmes.

Critique Assassin's Creed Unity
Critique Assassin’s Creed Unity par @Djokaire

Je vais quand même faire un bref arrêt sur le gamplay. Oui, il est plus fluide. On parcourt plus rapidement notre chemin, on grimpe plus facilement, on descend au sol en quelques secondes, c’est super cool mais on reste trop souvent bloqué à l’encolure d’une fenêtre parce qu’Arno tourne autour au lieu de passer. Les combats sont d’un ridicule absolu et frise le record du nombre de bugs de collisions à la minute (Comme les séances de parcours). J’aimais bien l’ancien système personnellement. Suffisait juste que les gardes n’attendent plus leur tour. Les nouveaux gadgets comme la lame fantôme, c’est rien de plus que l’arbalète présente dans Revelations et j’en passe. Le fait de pouvoir customiser Arno physiquement, c’est bien rigolo mais pas assez de choix et toutes les teintures sont moches sans parler du système de compétence à gerber. les séances d’assassinant nous sont livrés avec un gros ” vas-y, fais comme tu veux, tu as le choix pour approcher ta cible, tu es grand maintenant ” mais en vérité, on a jamais plus de choix que de te toquer à la porte ou passer par le toit. Les gens qui ont déjà joué à un Hitman Blood Money ou un Silent Assassin vont vraiment sentir un crachat couler le long de leur joue.

Critique Assassin's Creed Unity
Critique Assassin’s Creed Unity par @Djokaire

Malgré cela, bah ça reste un Assassin’s Creed. C’est toujours cool d’escalader les immeubles et de faire le fanfaron à batifoler sur les cathédrales. En revanche, je vous conseille plutôt d’essayer AC Rogue qui lui, est beaucoup mieux écrit qu’Unity et qui propose des personnages et une histoire plus intéressants. On aurait dû inverser le processus. AC Rogue sur PC, PS4 et One puis Unity en mode os à ronger pour la PS3 et la 360. On aurait été bon.

PS : Pour pas vous laissez sur une note assez mauvaise, je vous file le lien de cette chanson des Goo Goo Dolls que j’aime beaucoup et la recette pour les artichauts mayonnaise

1 commentaire

  1. Eh bien voila un article qu’il est bon ( oui les autres aussi mais j’aime asc )
    fan de la 1er heure de cette licence je l’ai ai tous aimé ,
    j’i ai joué à chaque fois comme a un nouveaux jeu , j’ai contrairement à toi adoré la trilogie d’Ezio et le système de grimpette relativement difficile , je pense que les jeux évolue et que l’on ne peut pas rester calé sur le 1er jeu d’une saga ,

    j’avoue qu’il l’on joué call of en sortant un opus par an , j’avoue aussi ne pas encore avoir succombé à l’achat de celui ci , probablement la peur des patchs énorme en poids .

    je pense quand même le prendre pendant les vacances si je le trouve à un prix très raisonnable ,
    comme dirait l’autre ” longue vie au Roi ”

    Merci pour tout ces article que j’avoue ne pas commenter régulièrement par manque de temps et aussi par une orthographe assez limitée