Voilà quelques jours que le spin-off de Breaking Bad intitulé Better Call Saul est sorti sur Netflix. Rassurez-vous, la vostfr est disponible. Pour le coup, nous sommes en face d’une série qui a été énormément attendue et dont les prochains épisodes le sont encore plus. Il n’est pas donc pas anodin de se demander si le pari de raconter le passé de Saul Goodman est réussi or not réussi ?

On vous propose donc la critique des deux premiers épisodes si vous possédez encore des a priori sur cet excellent show juridique. Oui, parce que vous si vous regardez Better Call Saul, voilà ce qui va se passer !


Au début, il y avait Breaking Bad. Une excellente série (bien que juste excellente) reposant quasi uniquement sur les épaules de l’indicible Bryan Cranson. Mais on avait aussi des seconds rôles grandioses comme Giancarlo Esposito, Aaron Paul ou encore, et c’est ce zigoto qui nous intéresse ici, Bob Odenkirk. Son personnage de Saul Goodman avait apporté un petit élan de fraîcheur dans le show d’AMC, une légère note d’humour, une douce pointe de flagornerie. Le caractère malhonnête, excentrique et malchanceux du personnage de S’all good, man faisait tout son charme. Et lorsque la question d’une pré quelle à Breaking Bad est évoquée, on se demande qui l’on peut placer en personnage principal. Les idées les plus fades et les plus prévisibles arrivèrent bien évidemment en tête de file comme celle d’un Jesse Pinkman encore en cours avec Walter White (donnez-moi un indice d’intérêt pour cette alternative) ou celle d’un Gus en proie à son travail de dealer avant de rencontrer le baron de la meth azurée (c’est déjà beaucoup mieux) mais au final, l’idée la plus intéressante et finalement celle qui fut choisie demeure : le passé de Saul Goodman. J’en entends déjà crier que Breaking Bad devient dès à présent une vache à lait. Et je crache à la gueule de ces gens-là tout en crevant de rire en même temps.

Nous sommes face à un spin-off qui vient à peine de débuter et dont l’issue n’est pas encore tout à fait claire (une saison 2 a été, fort heureusement, commandée). Quand il y aura un comics, un manga, un film, un roman, des poèmes, des fourchettes un jeu vidéo où l’on doit incarner Walter Jr. en tentant de prendre le petit déjeuner sans renverser, là, ok, peut-être que vous pourrez dire qu’on nous prend pour des cons. Et si, encore, ces produits dits dérivés étaient mauvais. Si vous voulez tellement jouer les gens aigres et faussement spirituels en chiant sur tous les produits dérivés du monde, commencez par cracher sur tous les spin-off de tous les médias de l’espace observable. Et pourtant, nous avons encore aujourd’hui, quelques exemples d’univers à spin-off qui marchent parfaitement comme celui d’Albator. Pourquoi Breaking Bad ne pourrait-il pas l’être ? Oui, je me fais peur moi-même en disant cela. Mais bref, pour le moment, le show d’AMC ne comporte qu’un spin-off, d’une heure et il demeure vachement cool. Rappelons que les producteurs et réalisateurs ne veulent pas incorporer tout une farandole de guest pour l’instant bien qu’il soit (s’il est nécessaire) possible d’amener quelques personnages issues de Breaking Bad parce que, d’après eux, s’ils sont morts dans BB, ils ne le sont pas dans Better Call Saul et que c’est cool. De ce fait, on peut se satisfaire tranquillement du sérieux de l’équipe. Et c’est tant mieux.

On retrouve dans une série juridique centrée, donc, sur Saul Goodman à ses débuts difficiles. La série se veut finalement plus dramatique que comique comme l’était Breaking Bad. Considérons donc Better Call Saul comme une comédie noire ou simplement une drame avec quelques frasques d’humour.
La série commence avec la première affaire de Saul qui se soldera d’ailleurs par un lamentable échec saupoudré d’un salaire amoindrie. On découvre ensuite que notre avocat préféré est en réalité dans la dèche et que son cabinet se trouve dans l’arrière boutique d’un magasin de bien être asiatique. Pas de quoi faire de l’ombre à Phoenix Wright pour le moment. Et même s’il parvient à s’en tirer avec des pirouettes pour certains petits soucis, l’argent vient à manquer et, surtout, les affaires aussi. Petit magouilleur du dimanche sans espoir, Saul va tout tenter pour essayer de sortir du caca dont lequel il baigne depuis bien trop longtemps. Les révélations de l’intrigue s’arrête ici.

Le tout premier jet est donc sorti et nous propose un avant-goût de cette série prometteuse. Pour l’instant, tout est bon. C’est extrêmement bien réalisé, merci Vince Gilligan. Les plans de caméras bien que parfois assez classique sont très minutieux et permettent une immersion assez forte. La musique reste discrète sans encombrer le déroulement du scénario. Peu d’explications déboulent pour clarifier la situation de notre Saul bien mal en point. Tout n’est pas encore présenté, c’est bien normal, mais pour le moment, ça n’annonce que du bien. Notons tout de même la qualité de la photographie et de l’utilisation de la lumière qui, à elles seules, suffisent à justifier l’utilisation de la HD. Un début de série bien agréable qui laisse la porte de de l’excellence grande ouverte. Eh ouais, c’est pas faux. On n’attend juste le prochain épisode pour retrouver notre avocat véreux préféré.

Le deuxième épisode est en petit peu en dessous en terme de réalisation. Vince Gilligan a cédé sa place pour se concentrer sur d’autres projets, on constate une légère baisse de qualité mais rien de bien affolant. La beauté de la photographie et de la lumière restent sur place, une très bonne chose. Les dialogues ne sont pas les plus savoureux du monde mais on se laisse sourire de temps en temps surtout devant la malédiction de Saul vis à vis des stickers de parking. L’histoire du troll sous le pont qui demande des autocollants est assez cocasse. Malgré tout, ça ne décolle pas encore et on a du mal à cibler parfaitement l’avenir de la série. Elle est prometteuse, c’est certain mais pour combien de temps ? Wait and see.

Il est également de bon aloi de noter la présence de Michael Mondo au casting. Oui, vous l’aurez reconnu, Vaas Montenegro travaille pour Tuco Salamanca. Putain, la classe.

Restons un petit instant sur le personnage de Saul. Est-ce qu’un personnage attachant ? Peu importe comment se décompose-t-il, est-il attachant ? Oui. Parce qu’il s’agit d’un avocat véreux, d’un magouilleur, d’un opportuniste comme on en a déjà vu depuis des années mais il est lâche. C’est un héros lâche, prêt à se faire de l’argent pour n’importe quoi y compris par des fraudes à l’assurance. Doué tout de même d’un sens moral pour ne pas le rendre totalement inhumain, Saul possède un caractère tangible. Seulement… il est d’une lâcheté extrême. Les héros lâches se font de plus en plus rares et c’est un vent de fraîcheur mentholée d’admirer celui-ci à tenter de s’en sortir par tous les moyens parce qu’il lui manque la capacité d’assumer, quoi qu’il en dise. Aimons les protagonistes lâches, ceux qui reflètent le mieux la personnalité humaine. Des avocats comme Saul, ils en existent des immeubles entiers. Et c’est bien de voir un lâche de temps en temps en premier plan. Qu’un lâche soit la cible de toute l’attention du public, c’est sûrement peut-être un peu paradoxale mais c’est bon pour la gueule. Aimons Saul pour la lâcheté et l’humanité qu’il incarne. Aimons ce bon vieux Saul dont le plus grand drame est de ne pas avoir assez d’autocollants.

Tempora mori, tempora mundis recorda. Voilà. Et bien ça, par exemple, ça veut absolument rien dire, mais l’effet reste le même, et pourtant j’ai jamais foutu les pieds dans une salle de classe attention !

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